Pourquoi la parité ?

Egalité!

Malgré le fait que les femmes ont les mêmes droits civique, de voter et d’être élues, malgré les lois, les femmes restent absentes de lieux de pouvoir politique et en particulier l’Assemblée Nationale. La parité ne relève pas de l’affichage ou du politiquement correct. La parité, – l’égal accès aux fonctions électives et mandats – questionne en profondeur notre modèle démocratique. Lutter pour la parité, c’est dénoncer un système culturel d’exclusion des femmes du pouvoir politique.

La parité ne se justifie pas un « bénéfice » direct que permettrait l’entrée des femmes dans les lieux de pouvoir. Les femmes n’apportent pas plus de douceur, d’intuition, d’attention, d’altruisme, d’abnégation ou de droiture que les hommes ne peuvent le faire. Elles ne sont pas par nature plus compétentes aux affaires sociales, à l’éducation ou à la culture. Les femmes sont tout autant capables d’être avides de pouvoir, d’être corrompues et de corrompre, de déclencher des guerres, de les gagner ou de les perdre. Mais inversement, elles sont tout aussi capables de prendre des décisions, de négocier, de faire triompher l’Intérêt Général sur les intérêts particuliers, de résoudre des crises économiques, et d’avoir une vision pour le pays et le monde ; tout comme les hommes donc. Demande-t-on d’ailleurs aux hommes quel bénéfice le pays tire-t-il de leur permanence au pouvoir ? Leur pose-t-on la question de savoir en quoi le fait d’être des hommes apporte-t-il réellement une plus-value à notre pays? La vraie motivation au cœur de la parité ne vient pas d’une analyse coût/avantages.

La parité ce n’est donc pas pour faire différemment, ni même faire mieux. La parité, c’est finaliser l’effort démocratique, c’est rendre le pouvoir enfin accessible à tou-te-s. Nous croyons en la démocratie réelle dans laquelle le peuple a le pouvoir et la capacité de l’exercer. Nous ne pensons pas que la politique doit être un métier ou le monopole d’une partie de la population. Or, depuis l’instauration du suffrage universel masculin en 1848, et à de rares exceptions près, le pouvoir n’a jamais été détenu que par la même tranche de la population : masculine, profession libérale, plus de 50 ans, blanche, hétérosexuelle.

Nous militons pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Mais que signifie l’égalité en droits si elle ne se traduit pas par la possibilité d’accéder aux responsabilités et la capacité de prendre des décisions ? Mettre en place des dispositifs permettant de partager le pouvoir dans les faits est un impératif de justice. La parité permet de trouver les moyens légaux d’ouvrir une brèche dans ce système d’exclusion systématique des femmes pour établir la réelle égalité d’accès aux mandats électifs.  C’est donc aussi un impératif féministe.

La parité n’aura d’autre vertu que d’établir une égalité réelle entre femmes et hommes. Nous ne souhaitons pas la parité pour que les femmes fassent mieux. Nous exigeons la parité pour  que les femmes puissent, elles aussi, faire.