Les chiffres

http://parite2012.fr/carte-circonscriptions/

En 2000, la France était le premier pays au Monde à ériger en principe la parité, c’est-à-dire l’égalité stricte (50/50) entre les femmes et les hommes dans l’accès aux mandats électifs. Mais depuis 12 ans, la France a fait moins bien que ses voisins. La France se classe ainsi au 48ème rang mondial du classement mondial de la parité, établi chaque année par le Forum économique mondial.

Pour les élections législatives de juin 2012,  seules 40,0% de femmes seront candidates, contre 41,6% en 2007. Les sanctions financières à l’encontre des partis qui ne respectent pas l’obligation de parité n’ont pas l’effet dissuasif escompté. Contrairement aux déclarations d’intention, le Parti Socialiste présente 45,3% de femmes aux législatives, soit 0,2 point de moins qu’en 2007. L’Union pour un Mouvement Populaire présente 25,7% de candidates, soit un point de moins qu’en 2007. En 2008, l’UMP a préféré payer 4 millions d’euros plutôt que de respecter la parité aux investitures législatives, et le PS 500 000 euros. Et lorsqu’ils respectent la loi, c’est souvent en désignant des candidates dans des circonscriptions difficilement gagnables : 41,6 % de candidates aux dernières législatives, mais seulement 18,5% d’élues ! Le Front de Gauche et les partis d’extrême-gauche s’approchent des 48%.

A l’inverse, l’obligation de listes paritaires aux municipales, aux régionales et aux européennes fonctionne parfaitement. Dans les communes et les régions, la loi sur la parité de juin 2000 a permis de constituer des assemblées paritaires (conseils municipaux, conseils régionaux) grâce à l’obligation d’alternance femmes-hommes dans les listes. Mais l’accès à un poste exécutif est encore verrouillé : seuls 4 Départements et 2 Régions sont présidés par des femmes.

Réforme territoriale : attention, danger pour la parité !

Alors qu’il faudrait encourager la parité en permettant aux femmes de s’investir dans la sphère publique, la réforme des collectivités territoriales votée en 2010 va au contraire la faire reculer. En effet, cette réforme prévoit que l’élection d’une grande partie des conseillers territoriaux (qui vont remplacer les conseillers généraux et régionaux en 2014) au scrutin uninominal à un tour au lieu du scrutin de liste qui existe aujourd’hui. Dans un scrutin uninominal, les partis ont tendance à placer les hommes en titulaires et les femmes en suppléantes dans les circonscriptions « gagnables » et l’inverse dans celles acquises à l’autre camp politique… Les premières projections montrent que les femmes pourraient perdre près de 60% des sièges qu’elles occupent actuellement.